Un nouveau capteur portable promet une détection UTI plus rapide et plus précise

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Les infections des voies urinaires (IVU) sont l’infection bactérienne la plus courante dans le monde, posant un défi important en matière de santé. Les méthodes de diagnostic actuelles sont soit trop lentes, soit manquent de la précision nécessaire, reposant souvent sur des tests de laboratoire fastidieux ou des analyses de jauges insensibles. Aujourd’hui, des chercheurs de la Texas A&M University ont développé un nouveau capteur portable qui détecte rapidement E. coli, principale cause d’infections urinaires, directement sur le lieu d’intervention.

Le problème avec les diagnostics UTI traditionnels

Les infections urinaires sont particulièrement dangereuses dans les hôpitaux, où les infections associées aux cathéters sont courantes. Les infections urinaires non traitées peuvent dégénérer en urosepsie potentiellement mortelle, en particulier chez les patients gravement malades qui utilisent fréquemment des cathéters (jusqu’à 80 % des patients en soins intensifs les utilisent). Au-delà de la santé des patients, ces infections imposent un fardeau économique important, coûtant près de 3 000 dollars par cas. Les méthodes traditionnelles ne parviennent pas à résoudre efficacement ce problème :

  • L’analyse d’urine par jauge est bon marché mais peu fiable.
  • La culture d’urine est précise mais lente, ce qui retarde le traitement.

Une avancée dans la surveillance en temps réel

Le nouveau capteur contourne ces limitations en utilisant la technologie de fluorescence pour détecter E. coli en temps réel. Le dispositif, conçu pour être fixé sur des sacs de cathéter ou des récipients à urine, fonctionne en introduisant d’abord un composé spécialisé qui réagit avec les bactéries. Lorsque E. coli est présent, le composé émet un signal fluorescent détectable, qui est ensuite mesuré par le capteur et transmis à une application pour smartphone.

“Au meilleur de nos connaissances, cet appareil est la première plate-forme automatisée de surveillance de la croissance bactérienne entièrement intégrée, sur le corps, pour le diagnostic des infections urinaires au point d’intervention”, explique Hatice Ceylan Koydemir, chercheuse principale. La nature non invasive du capteur minimise également les risques d’infection pour les professionnels de santé, car aucune manipulation d’échantillon n’est requise.

Au-delà des cathéters : étendre les applications

Les premiers tests en laboratoire confirment la précision du capteur dans la détection de E. coli, avec des développements futurs visant à identifier d’autres souches bactériennes. L’équipe prévoit de rationaliser la conception pour une plus grande portabilité et de demander l’approbation de la FDA pour une utilisation clinique généralisée. Koydemir estime que cette technologie pourrait être rapidement déployée à l’échelle mondiale en raison de son faible coût de fabrication.

De plus, l’utilité du capteur ne se limite pas aux infections associées aux cathéters. Il peut également être adapté à la détection générale des infections urinaires en le fixant directement à un échantillon d’urine. Compte tenu de la prévalence des infections urinaires, cette innovation pourrait révolutionner le diagnostic pour des millions de patients dans le monde.

« La recherche interdisciplinaire est essentielle pour résoudre des défis biomédicaux complexes », remarque Koydemir, soulignant l’importance de la collaboration pour faire progresser les soins de santé.

La recherche, soutenue par des publications récentes dans Advanced Science et Biosensors and Bioelectronics, marque une étape importante vers une détection plus rapide et plus fiable des infections urinaires sur le lieu de soins.