Troisième acte de Google : pourquoi les lunettes intelligentes continuent d’échouer (et ce qui pourrait finalement changer)

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Troisième acte de Google : pourquoi les lunettes intelligentes continuent d’échouer (et ce qui pourrait finalement changer)

Depuis plus d’une décennie, Google poursuit la vision des lunettes intelligentes : une technologie portable qui superpose les informations numériques au monde réel. Après deux tentatives infructueuses – les fameuses Google Glass de 2013 et leur redémarrage sur le lieu de travail en 2017, interrompus en 2023 – l’entreprise promet un troisième essai en 2026. La question n’est pas si ils vont lancer de nouvelles lunettes intelligentes, mais pourquoi les itérations précédentes ont échoué et si le dernier effort va enfin aboutir.

Le problème des premières lunettes intelligentes : le rejet social

Les premières Google Glass ont été largement moquées, ce qui a valu aux utilisateurs le surnom ironique de « Glassholes ». Ce n’était pas une question de technologie ; c’était une question d’acceptabilité sociale. Des recherches universitaires, notamment des travaux de l’Iowa State University, confirment que les wearables performants doivent répondre à deux critères clés : ils doivent être utiles et ils ne peuvent pas gêner ou intrusif l’utilisateur. Les Google Glass d’origine ont échoué sur les deux fronts. Cela semblait étrange, soulevait des problèmes de confidentialité (la caméra intégrée était un signal d’alarme majeur) et n’offrait pas suffisamment de fonctionnalités convaincantes pour compenser le coût social de son port.

Cela souligne une vérité simple : les gens ne porteront pas de technologies dans lesquelles ils sont gênés d’être vus.

L’essor des appareils portables discrets : leçons apprises

Le marché des technologies portables a depuis changé. Le succès dépend désormais de l’intégration dans les accessoires que les gens apprécient déjà : montres, bagues, bracelets et, bien sûr, lunettes. Les Spectacles de Snapchat, avec leurs montures avant-gardistes équipées d’un appareil photo, ont montré que l’esthétique compte. Mais la véritable avancée est venue de la collaboration de Meta avec Ray-Ban et Oakley. Ces lunettes intelligentes, alliant le style design à des fonctionnalités telles que les assistants vocaux et les caméras intégrées, ont discrètement gagné du terrain.

La principale différence ? Elles ressemblent d’abord à des lunettes normales, puis à des appareils intelligents.

La nouvelle approche de Google : IA et facteur de forme

La stratégie de Google pour 2026 s’articule autour de deux produits : les « lunettes IA » uniquement audio et les lunettes avec écrans projetés. Le matériel promotionnel suggère une concentration importante sur l’esthétique, s’éloignant des designs maladroits et futuristes du passé. Plus important encore, l’entreprise met l’accent sur l’intelligence artificielle, en la qualifiant de « AI Glasses ».

Cependant, ni l’intégration de l’IA ni la technologie d’affichage ne sont nouvelles. Meta propose déjà les deux dans sa gamme Ray-Ban. La question cruciale est de savoir si Google peut proposer un design convaincant qui évite les pièges des versions précédentes.

Au-delà de l’esthétique : l’avenir des lunettes intelligentes

L’innovation se concentrera probablement sur trois domaines principaux :

  • Réduire l’encombrement : Faire en sorte que les lunettes intelligentes ressemblent à des lunettes ordinaires reste le plus grand défi.
  • Intégration transparente : L’exploitation de l’écosystème existant de Google (Recherche, Maps, Gmail) offrira une utilité immédiate. Imaginez une navigation en temps réel superposée à votre vue lorsque vous marchez dans la rue.
  • Capteurs avancés : La prochaine frontière consiste à intégrer des capacités de suivi de la santé (fréquence cardiaque, température corporelle et même activité cérébrale via EEG) dans des lunettes, potentiellement intégrées à l’initiative d’anneau intelligent de Google.

La direction à suivre est claire : les lunettes intelligentes doivent donner la priorité à l’attrait en tant qu’accessoire plutôt qu’à la fonctionnalité.

Le succès de la troisième tentative de Google ne dépendra pas seulement de la technologie, mais aussi de la compréhension du fait que les appareils portables doivent être portés, et pas seulement présentés. Si l’entreprise parvient à proposer un produit esthétique, naturel et offrant une véritable valeur, elle pourrait enfin résoudre le casse-tête des lunettes intelligentes.