Une nouvelle étude remet en question les croyances de longue date sur les accidents vasculaires cérébraux lacunaires

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Une étude révolutionnaire a bouleversé la compréhension traditionnelle des accidents vasculaires cérébraux lacunaires, un type courant de lésion cérébrale affectant environ 35 000 personnes au Royaume-Uni chaque année. Les chercheurs ont découvert que ces accidents vasculaires cérébraux sont probablement causés par l’élargissement et l’affaiblissement des petites artères cérébrales, plutôt que par les blocages graisseux supposés auparavant.

Cette découverte est importante car elle explique pourquoi les médicaments standards de prévention des accidents vasculaires cérébraux, tels que l’aspirine et d’autres anticoagulants, sont souvent inefficaces pour cette maladie spécifique.

Repenser la cause de l’AVC

Pendant des années, un consensus médical a associé les accidents vasculaires cérébraux lacunaires, qui représentent environ 25 % de tous les accidents vasculaires cérébraux au Royaume-Uni, au même mécanisme que les autres accidents vasculaires cérébraux ischémiques : l’accumulation de dépôts graisseux (plaque) qui bloquent la circulation sanguine.

Cependant, de nouvelles recherches menées par des universitaires de l’Université d’Édimbourg et du UK Dementia Research Institute (UK DRI) remettent en question ce récit. En analysant les données de 229 patients ayant subi un AVC lacunaire ou non lacunaire léger, l’équipe a identifié un schéma distinct :

  • Le rétrécissement des artères était plus fréquemment associé à d’autres types d’accident vasculaire cérébral.
  • L’élargissement des artères a montré une forte corrélation avec la maladie lacunaire.
  • Les patients présentant des petits vaisseaux élargis étaient plus de quatre fois plus susceptibles de souffrir d’un accident vasculaire cérébral lacunaire.

Le professeur Joanna Wardlaw, professeur de neuroimagerie appliquée à l’Université d’Édimbourg et chef de groupe au UK DRI, a souligné l’importance clinique de cette distinction :

“Cette étude fournit des preuves solides que l’accident vasculaire cérébral lacunaire n’est pas causé par un blocage graisseux des grosses artères, mais par une maladie des petits vaisseaux du cerveau lui-même. Reconnaître cette distinction est crucial… cela souligne le besoin urgent de développer de nouvelles thérapies ciblant les dommages microvasculaires sous-jacents.”

Pourquoi c’est important pour le traitement

La première implication de cette découverte est thérapeutique. Les directives actuelles prescrivent souvent des médicaments antiplaquettaires (comme l’aspirine) pour prévenir les caillots sanguins causés par des blocages artériels. Étant donné que les accidents vasculaires cérébraux lacunaires proviennent de dommages structurels aux petits vaisseaux plutôt que de problèmes de coagulation, ces médicaments offrent une protection limitée.

Comprendre le véritable mécanisme biologique ouvre la porte à :
1. Thérapies ciblées : Développer des médicaments qui traitent spécifiquement les dommages microvasculaires et l’intégrité des vaisseaux.
2. Meilleure évaluation des risques : Identifier les patients présentant des petits vaisseaux élargis qui peuvent nécessiter des soins préventifs différents.
3. Résultats de récupération améliorés : Adaptation des soins de rééducation et post-AVC à la nature spécifique de la blessure.

Le déficit de financement

Bien que l’accident vasculaire cérébral soit la principale cause d’invalidité complexe chez l’adulte et la quatrième cause de décès au Royaume-Uni, la recherche sur cette maladie reste gravement sous-financée. Maeva May, directrice des politiques de la Stroke Association, a noté que moins de 1 % du financement total de la recherche au Royaume-Uni est alloué aux études liées aux accidents vasculaires cérébraux.

“Il y a encore tellement de choses que nous ignorons sur les accidents vasculaires cérébraux”, a déclaré May. “Répondre à ces questions et développer des traitements efficaces est crucial pour garantir un bon rétablissement aux 240 personnes qui survivent chaque jour à un accident vasculaire cérébral au Royaume-Uni.”

Elle a appelé à ce que cette recherche devienne une priorité nationale, exhortant le NHS, le gouvernement et la communauté scientifique au sens large à créer des voies claires qui traduisent les avancées des laboratoires en soins aux patients.

Conclusion

Cette étude marque un changement crucial dans la science de l’AVC, en déplaçant l’attention des blocages artériels vers les maladies des petits vaisseaux. En identifiant correctement la cause des accidents vasculaires cérébraux lacunaires, les chercheurs peuvent désormais rechercher des traitements plus efficaces, susceptibles de sauver des vies et de réduire l’invalidité à long terme de milliers de patients chaque année.